Interventions de Ly Ramata et de Lazare Poamé sur les mutations de la violence urbaine

Allocution du Professeur BAKAYOKO-LY Ramata, Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique

La Chaire Unesco de Bioéthique de l’Université Alassane Ouattara a organisé un symposium sur la restitution des résultats du programme de recherche « Villes sûres et inclusives », le 31 mars 2016, à l’amphithéâtre de la CRRAE-UMOA, au Plateau. Le Titulaire indiqué de la Chaire Unesco de Bioéthique, le Professeur Lazare POAMÉ, était présent à cette rencontre.

A cette occasion, le Parrain de la cérémonie, le Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, le Professeur BAKAYOKO-LY Ramata, s’est prononcé sur le sujet. Nous vous proposons l’intégralité de son Allocution.

Honorables invités,
Mes chers étudiants,
Chers amis de la Presse,
Mesdames et Messieurs,

C’est un honneur et une joie pour moi de prendre la parole, ce matin, à l’occasion du symposium de restitution des résultats du programme de recherche « Villes sûres et inclusives », mené pendant trois ans par une équipe pluridisciplinaire de chercheurs nationaux, issus des Universités Alassane Ouattara et Félix Houphouët-Boigny, avec l’appui financier du Centre de Recherches pour le Développement International (CRDI) et du Département pour le Développement International (DFID).

Je me réjouis d’abord des efforts déployés par cette équipe pour s’engager dans la compétition scientifique et mobiliser des ressources importantes sur le marché international du financement de la Recherche. Je me réjouis ensuite que l’équipe ait pu conduire, de bout en bout, ce programme dont les résultats vont être restitués aujourd’hui. Je me réjouis enfin de la franche et dynamique collaboration qui a prévalu entre les Universités Alassane Ouattara et Félix Houphouët-Boigny pour permettre ainsi à de jeunes chercheurs de renforcer leurs connaissances et leurs expériences en matière de recherche et à la douzaine d’étudiants recrutés sur ce programme, de compléter leur formation théorique par des activités pratiques, conformément aux exigences du système LMD. Une telle collaboration est à encourager et doit servir de modèle.

Je voudrais, à présent, me tourner vers la Chaire Unesco de Bioéthique qui, par le double dynamisme des Professeurs Lazare Poamé et Francis Akindès, respectivement Titulaire et Coordonnateur de cette Chaire, est progressivement en train de réconcilier l’Université avec les populations en travaillant à décrypter et à proposer des réponses à leurs problèmes quotidiens.

La pertinence des thématiques abordées dans le cadre de ce programme – à savoir l’engagement des jeunes dans la violence, la question de la violence en lien avec le foncier rural et la problématique du viol – et les approches mobilisées pour les étudier, montrent bien comment les sciences sociales peuvent servir le développement sur le terrain des problèmes sociaux dont les réponses technocratiques connaissent parfois des limites.

Sur la question de la menace pré-épidémique d’Ébola, la Chaire Unesco de Bioéthique s’est déjà montrée particulièrement contributive en conduisant un projet de recherche très concluant avec l’appui financier de l’UNICEF et du groupe Expertise France, sous la supervision du Ministère de la Santé.
Il ne me paraît pas indiqué de procéder, ici et maintenant, au dénombrement des travaux d’expertise que la Chaire UNESCO de Bioéthique a réalisés depuis sa création. Je voudrais simplement faire remarquer que les activités de cette Chaire s’inscrivent parfaitement dans la vision du Président de la République, S.E.M. Alassane Ouattara, qui place la recherche au cœur du développement.

Je voudrais, pour toutes ces raisons, témoigner ma reconnaissance à cette Institution et à ses responsables et leur affirmer la disponibilité et l’engagement de mon Département ministériel à soutenir toutes les initiatives de recherche pluridisciplinaire et interuniversitaire de nature à contribuer à hisser la Côte d’Ivoire au rang des pays émergents à l’horizon 2020.

Mesdames et Messieurs,
Honorables invités,

Je tiens à remercier très sincèrement les Ambassades du Canada et du Royaume-Uni pour leurs efforts inlassables en faveur de la recherche scientifique et particulièrement pour le soutien financier important que ces pays, respectivement à travers le CRDI et le DFID, ont apporté à la réalisation du programme de recherche « Villes Sûres et Inclusives ».

Je voudrais également remercier le Ministre d’État, Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, pour son implication dans la réussite de l’étude depuis son lancement ici-même, dans cet amphithéâtre, jusqu’à son achèvement.

Je voudrais enfin vous remercier, Mesdames et Messieurs, pour l’intérêt que vous portez à la recherche comme moteur de développement et vous prier de bien vouloir travailler à favoriser une collaboration dynamique entre les différentes structures que vous représentez et les Universités et Centres de recherche autour des problèmes de développement qui se posent dans tous les domaines.

Pour terminer, j’incite les enseignants-chercheurs et les chercheurs à s’imprégner davantage du quotidien et des problèmes des Ivoiriens en développant des initiatives de recherche à cet effet. Le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique est prêt à accompagner et soutenir ce type d’initiative dans tous les domaines.
Sur ce, je déclare ouvert le Symposium de restitution des résultats du programme de recherche « Villes sûres et inclusives ».

Je vous remercie.

Prof. BAKAYOKO-LY Ramata
Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique

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SYMPOSIUM POUR LA RESTITUTION DES RÉSULTATS DU PROGRAMME DE RECHERCHE « VILLES SÛRES ET INCLUSIVES »

Prof. Lazare POAMÉ (Titulaire de la 1ère Chaire du monde Francophone en matière de Bioéthique) :
La Chaire Unesco de Bioéthique de l’Université Alassane Ouattara a organisé un symposium sur la restitution des résultats du programme de recherche « Villes sûres et inclusives », le 31 mars 2016, à l’amphithéâtre de la CRRAE-UMOA, au Plateau.
Il s’agit d’un projet pluridisciplinaire qui s’intéresse aux mutations de la violence urbaine de nature criminelle qui accompagnent l’évolution sociopolitique de la Côte d’Ivoire depuis les années 90. Partant de l’expérience de trois villes ivoiriennes de tailles différentes que sont Duékoué, Abidjan et Bouaké, le Projet questionne en direction de ces mutations, à travers des recherches sur les modes d’expression, les acteurs et les victimes de cette violence ainsi que sur les formes de résilience, en vue de relever les défis inhérents à la gouvernance des villes ivoiriennes.
L’objectif du projet est de mieux renseigner et accompagner la Réforme du Secteur de la Sécurité en cours en Côte d’Ivoire. Le coordonnateur des programmes de la Chaire, Chercheur principal du programme « Villes sûres », est le Professeur Francis Akindès.
Porté par la Chaire Unesco de Bioéthique de l’Université Alassane Ouattara, ce projet a bénéficié du soutien financier du Centre de Recherches pour le Développement International (CRDI) du Canada et du Département pour le Développement International (DFID) du Royaume-Uni.
Le Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, le Professeur BAKAYOKO-LY Ramata, Parrain de la cérémonie, était présent. À cette occasion, le Titulaire indiqué de la Chaire Unesco de Bioéthique, le Professeur Lazare POAMÉ, a dit une allocution dont nous vous proposons l’intégralité.

Honorables invités,
Mes chers étudiants,
Chers amis de la Presse,
Mesdames et Messieurs,

Souffrez que je commence mes propos par des remerciements très chaleureux en direction de celle qui, hier encore, était à la tête de la Conférence des Présidents des Universités Publiques de Côte d’Ivoire et qui, aujourd’hui, pour le plus grand bien de l’Enseignement supérieur, est notre Ministre de tutelle.
Madame le Ministre, je tiens non seulement à vous dire merci pour votre présence effective à ce symposium, mais surtout pour votre vision de l’Enseignement supérieur, un Enseignement supérieur structuré par la qualité de ses offres de formation et de recherche, le caractère compétitif des fonds destinés à la recherche, une approche rigoureuse et scientifique des problèmes, une recherche pour le développement socioéconomique exemplaire de la Côte d’Ivoire et surtout de l’Afrique, sommée de quitter le berceau de l’humanité par un saut qualitatif dans le technocosme.

Mesdames et Messieurs, le 16 juillet 2010, jour de l’installation de la Chaire UNESCO de Bioéthique à l’Université de Bouaké, devenue Université Alassane Ouattara, nous affirmions, dans le discours inaugural prononcé à cette occasion, ce qui suit : « Cette Chaire de Bioéthique vise à transformer les universités en pôle d’excellence, de partage des savoirs et/ou de la connaissance à visée transformatrice et éthicologique ».

La Chaire UNESCO de Bioéthique s’engageait ainsi à promouvoir une recherche compétitive à l’échelle internationale, dont l’objet est multipolaire avec un statut épistémologique qui met à rude épreuve les approches technicistes et monovalentes.

Me référant au titre d’un ouvrage collectif publié en 2015 par l’UNESCO avec ma modeste contribution, (Pourquoi une bioéthique globale ?), je me permets, fort de l’expérience issue des activités de la Chaire, de revisiter le champ sémantique de la bioéthique globale qui couvre, dans une démarche procédurale multiforme d’écoute et de respect, l’ensemble des problèmes allant des questions alimentaires aux problèmes sécuritaires en passant par la procréatique et toutes les applications issues du génie génétique.

On peut donc comprendre l’option de l’équipe de recherche de la Chaire pour des projets axés prioritairement sur la problématique de la sécurité : la sécurité alimentaire (avec le Groupe Danone), la sécurité physiologique (avec le projet sur l’épidémie à virus Ebola) et aujourd’hui, la sécurité physique et territoriale (avec le projet « villes sûres et inclusives ») dont la restitution des résultats nous réunit ce matin.

Mesdames et Messieurs,
Le projet de recherche « Villes sûres et inclusives » se pose et s’impose comme une recherche opportune qui a toutes les apparences et tous les apparats d’une recherche opportuniste.

Cependant, dans l’expression « ville sûre « , se trouvent logés à la fois le point de départ et le point d’aboutissement d’une régionalité disciplinaire que la Chaire tente de promouvoir, à savoir l’irénologie. L’irénologie est le savoir éthicoscientifique propre à examiner et à garantir les conditions objectives de pacification des espaces sociopolitiques.

Pour le sujet qui nous préoccupe ce matin, nous recommandons donc, à partir des résultats obtenus, le réexamen des paradigmes sécuritaires triomphants en vue d’opérer les sursomptions qu’appellent les nouvelles exigences axiologiques et les nouveaux types de kamikaze.

Ces résultats ont pu voir le jour grâce au soutien financier du Centre de Recherches pour le Développement International (CRDI) et du Département pour le Développement International (DFID). Et c’est pourquoi, nous tenons à exprimer notre profonde gratitude aux responsables de ces structures et à travers eux, les ambassades du Canada et du Royaume-Uni.

Nous tenons à saluer le dynamisme de l’équipe de la Chaire qui n’a ménagé aucun effort pour conduire ces recherches à leur terme.

Pourrions-nous clore notre propos sans remercier sincèrement le Ministre d’État, Ministre de l’Intérieur, M. Ahmed Bakayoko et Madame le Ministre de la santé de nous avoir donné les moyens et l’opportunité d’expérimenter la capacité des Chercheurs de la Chaire à résoudre les problèmes qui se posent au niveau de la mésosphère qui nous rassemble en attendant l’extension à la macrosphère planétaire? Assurément non.
Nous remercions enfin tous les partenaires de la Chaire UNESCO de bioéthique ainsi que tous ceux qui, par leur présence dans cette salle (autorités administratives et coutumières, défenseurs des droits de l’homme, chercheurs, jeunes leaders), donnent sens et consistance à la promotion et à la restitution des résultats de la recherche. Leur présence, considérée comme une prise de position en faveur de la paix pensée et perpétuelle, est aussi l’affirmation du primat de l’irénologie sur la polémologie.

Je vous remercie.

Prof. Lazare POAMÉ

Titulaire de la Chaire UNESCO de Bioéthique
Président de l’Université Alassane Ouattara